Résumé hebdomadaire des marchés

Publié le mars 21, 2025
 statistics of stocks and market table

La Fed reste sur la touche, en raison du ralentissement de la croissance économique

Principaux points à retenir :

  • Comme prévu, la Réserve fédérale a laissé le taux des fonds fédéraux inchangé cette semaine et a maintenu sa prévision de deux baisses du taux directeur cette année.
  • Les obligations et les actions étrangères soutiennent les portefeuilles diversifiés, les actions américaines reculant par rapport à leur sommet de février, mais sortant du territoire de correction.
  • Les principales données économiques publiées cette semaine ont montré que, même si la croissance aux États Unis ralentit par rapport à son rythme supérieur à la tendance, le marché de l’emploi demeure vigoureux et les secteurs manufacturiers s’améliorent.

La Fed maintient ses taux inchangés en attendant des précisions sur les droits de douane

Comme prévu, le Federal Open Market Committee (FOMC) a conclu sa réunion de mars qu’il tenait cette semaine en maintenant sa fourchette cible pour le taux des fonds fédéraux pour la deuxième réunion consécutive entre 4,25 % et 4,5 %. La Fed adopte une approche plus patiente à l’égard de l’assouplissement de sa politique monétaire dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et d’incertitude autour des politiques.

Le FOMC a également mis à jour ses prévisions économiques, le graphique à points du taux des fonds fédéraux indiquant toujours deux baisses en 2025 et en 2026. Les perspectives de croissance économique pour cette année ont été revues à la baisse, passant de 2,1 % en décembre à 1,7 %. Le FOMC a relevé ses prévisions d’inflation en faisant passer la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed, soit les dépenses personnelles de consommation (DPC), à 2,7 % pour 2025, comparativement à 2,5 % auparavant.1 Ces prévisions montrent que la Fed s’attend à ce que les droits de douane ralentissent la croissance économique et déclenchent un rajustement unique des prix entraînant une hausse à court terme de l’inflation.

La Fed a également annoncé qu’elle allait ralentir son programme de réduction du bilan, appelé resserrement quantitatif. À compter d’avril, les placements en titres du Trésor américain seront réduits de 5 G$ par mois, comparativement à 25 G$ actuellement. Les placements en titres de créance et en titres adossés à des créances hypothécaires d’organismes gouvernementaux américains continueront d’être réduits d’un volume pouvant aller jusqu’à 35 G$ par mois.1

Le ralentissement du resserrement quantitatif peut contribuer à assouplir la politique monétaire, car la Fed sera en mesure de participer plus activement aux adjudications d’obligations du Trésor américain pour remplacer les obligations arrivant à échéance. Cette demande supplémentaire devrait soutenir les cours obligataires et potentiellement aider à maintenir les taux obligataires à la hausse.

Comme le taux des fonds fédéraux est proche de 4,35 % et que l’inflation selon les DPC est de 2,5 %, la politique monétaire se resserre en raison du ralentissement de l’inflation, car le taux neutre est généralement à environ 1 % au dessus du taux d’inflation. Nous nous attendons à ce que la Fed reste sur la touche pendant un certain temps, dans l’attente de précisions supplémentaires sur la mise en œuvre et les répercussions potentielles des droits de douane. L’administration a indiqué qu’elle avait l’intention de donner plus de détails sur les droits de douane au début d’avril, ce qui devrait contribuer à réduire l’incertitude.

L’inflation mesurée par l’IPC au Canada est passée de 1,9 % en janvier à 2,6 % en février. Cette augmentation plus élevée que prévu est principalement attribuable à la fin de la suspension de la taxe sur les produits et services (TPS) et de la taxe de vente harmonisée (TVH) au niveau fédéral au cours du mois. Les taxes ont été réappliquées aux produits admissibles, ce qui a exercé des pressions à la hausse sur les prix, car les taxes payées par les consommateurs sont incluses dans l’IPC. L’inflation découlant de ce rajustement unique des prix devrait être de courte durée, ce qui permettra à l’IPC de se rapprocher de la cible de 2 % de la Banque du Canada au fil du temps.

Dans l’ensemble, nous continuons de penser que la Fed demeure sur sa trajectoire d’assouplissement, même si le rythme ralentit; le taux des fonds fédéraux se situera probablement entre 3,5 % et 4,0 % cette année. Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada abaisse son taux directeur, qui est actuellement à 2,75 %, au moins une fois de plus cette année. La baisse des taux d’intérêt devrait réduire les coûts d’emprunt pour les particuliers et les entreprises, ce qui soutient l’économie et les bénéfices des sociétés.

 Ce graphique montre le niveau de l’indice S&P 500.
Source: Réserve fédérale américaine, Bureau of Economic Analysis des États-Unis.

La diversification est utile aux portefeuilles, car les actions américaines se sont repliées

Les actions américaines ont légèrement progressé cette semaine, sortant du territoire de correction, mais demeurent en baisse depuis le début de l’année. Les obligations et les actions étrangères sont désormais les actifs qui dominent le marché, ce qui favorise les portefeuilles diversifiés.

Parmi les principales catégories d’actif, ce sont les actions étrangères qui ont produit les meilleurs rendements depuis le début de l’année, les actions à grande capitalisation des marchés développés en tête. L’Europe profite d’un plan pluriannuel visant à accroître les dépenses dans les domaines de la défense et des infrastructures qui pourrait stimuler la croissance, laquelle stagne depuis quelques années. La possibilité d’un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine a également un effet positif sur la confiance des investisseurs.

Les actions chinoises ont progressé, car de nouvelles mesures de relance budgétaire et monétaire sont attendues, le gouvernement chinois cherchant à stimuler la consommation et à atténuer les craintes d’une déflation. Le recul du dollar canadien a également contribué aux rendements des placements dans les grandes devises internationales.

Les taux obligataires canadiens ont diminué au cours des derniers mois, car de nouvelles baisses du taux directeur de la part de la BdC et un ralentissement de la croissance économique sont attendus. La baisse des taux obligataires se traduit par une hausse des prix des obligations, qui génèrent donc de très bons rendements. Les obligations canadiennes de catégorie investissement, qui constituent le socle du volet des titres à revenu fixe des portefeuilles, ont produit certains des meilleurs rendements au sein des titres à revenu fixe. Les obligations internationales à rendement élevé ont été les titres à revenu fixe les plus performants, prolongeant ainsi les très bons rendements de l’an dernier et témoignant de l’intérêt d’une répartition ne favorisant pas que les obligations canadiennes.

 Ce graphique montre les rendements des placements
Source: Morningstar.

L’économie ralentit par rapport à son rythme supérieur à la tendance, mais le marché de l’emploi demeure vigoureux et la reprise du secteur manufacturier est en cours

L’indice économique avancé (LEI) du Conference Board pour les États-Unis, qui donne une indication précoce des importants points de bascule du cycle économique et de l’orientation de l’économie à court terme, a poursuivi sa tendance baissière, reculant de 0,3 % pour s’établir à 101,1 en février. La détérioration des attentes des consommateurs à l’égard de la conjoncture économique et la baisse du nombre de nouvelles commandes dans le secteur manufacturier ont été les principaux facteurs à l’origine de ce recul, tandis que la hausse du nombre d’heures travaillées par semaine dans le secteur manufacturier a été le principal facteur positif.

Fait important, la variation sur six mois du LEI, bien qu’elle demeure négative, poursuit sa tendance à la hausse et n’indique pas de récession imminente.2 Ces données indiquent que, même si l’économie fait face à des difficultés, elle ralentit car elle suivait un rythme supérieur à la tendance, et nous estimons qu’il n’est toujours pas probable qu’une récession ait lieu cette année.

La semaine dernière, le nombre de nouvelles demandes de prestations d’assurance-chômage aux États-Unis a augmenté pour atteindre 223 000, ce qui est légèrement inférieur aux estimations, qui s’établissaient à 224 000. Les demandes de prestations d’assurance-chômage se sont établies à 227 000 en moyenne au cours des quatre dernières semaines, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne hebdomadaire de 223 000 pour 2024.3 Même si les mises à pied au gouvernement fédéral feront probablement augmenter les demandes de prestations d’assurance-chômage au cours des prochains mois, nous sommes d’avis que le marché de l’emploi demeure vigoureux. Comme le taux de chômage demeure faible à 4,1 % et que le nombre de postes vacants dépasse le taux de chômage, les gains salariaux devraient demeurer supérieurs à l’inflation. Ainsi, les salaires réels positifs pourront soutenir les dépenses de consommation et l’économie.

La production industrielle aux États-Unis a augmenté de 0,7 % en février, soit plus que la hausse de 0,3 % attendue.3 Il s’agit de son plus haut niveau jamais enregistré, car les entreprises ont probablement avancé leurs achats d’intrants en anticipation de l’entrée en vigueur des droits de douane. La production manufacturière, qui représente la majorité de la production industrielle, a augmenté de 0,9 %, surpassant la hausse de 0,3 % prévue et profitant d’une hausse de la production automobile.1 Bien que ce rythme de croissance de la production ne soit probablement pas durable, la direction qu’elle prend est conforme à d’autres données qui témoignent d’une reprise du secteur manufacturier. Cela devrait contribuer à soutenir davantage l’économie et le marché du travail.

La diversification a été essentielle cette année, car les actions américaines se sont repliées. Envisagez d’étoffer les placements dans des obligations et des actions étrangères dans les portefeuilles qui ont pu dévier par rapport à leur répartition prévue.

Brian Therien, CFA
Stratégie de placement

Sources : 

1 Réserve fédérale américaine.
2 The Conference Board.
3 FactSet.

Sommaire des données à la fin de la semaine au Canada

Weekly market stats
IndiceClôtureSemaineCUM
TSX24 9681.7 %1.0 %
S&P 5005 6680.5 %-3.6 %
MSCI EAEO2 5001.4 %10.6 %
Oblig. canadiennes de cat. investissement 0.5 %1.6 %
Taux des oblig. du gouv. du Canada à 10 ans3.00 %-0.1 %-0.2 %
Pétrole ($/baril)68.30 $1.7 %-4.8 %
Taux de change $ CA/$ US0.70 $0.2 %0.2 %

Source : FactSet, au 21 mars 2025. Les obligations sont représentées par l’indice Bloomberg Canada Aggregate Bond. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. * Rendement sur quatre jours se terminant jeudi.

La semaine à venir 

Les données économiques importantes publiées cette semaine comprennent le PIB de janvier et l’inflation selon les DPC aux États-Unis.

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Brian Therien

Analyste principal, Stratégie de placement

CFA®

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Renseignements importants

Sources : *FactSet et Edward Jones **Rapport national sur l’emploi d’ADP, en date du 30 août 2023

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